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SERIE : La Nuit Noire de l’âme – De St Jean de la Croix à Jung.

Chapitre 1 : entrer dans la Nuit.

Et si l’obscurité n’était pas forcément synonyme d’absence de lumière ?

Cette question a ouvert chez moi l’idée d’une série consacrée à la nuit noire de l’âme, à travers le dialogue entre St Jean de la Croix, la psychologie de Jung, et le symbolisme alchimique, dont parle David M.Odorisio dans un magnifique article.

Pour Jean de La Croix, la nuit noire de l’âme appartient à un chemin mystique bien précis : les consolations se retirent, les facultés habituelles ne suffisent plus, et même le lien au divin paraît inaccessible.

Pourtant, l’obscurité possèderait pour lui une dimension de purification et d’illumination, par le dépouillement. Par ces périodes où l’on ne se reconnaît plus, où ce qui nous nourrissait perd son sens, où nos certitudes vacillent, ou nos projets nous semblent étrangers.

Dans Des Dieux et des Pierres : alchimie, Jung et la nuit noire de St Jean de la Croix, David M. Odorisio propose de mettre cette expérience de nuit noire avec la pensée jungienne : la rencontre de l’égo avec le Soi. La confrontation à l’ombre, la transformation de notre vision de nous-mêmes et du divin.

St Jean de la Croix parle depuis la tradition chrétienne, Jung parle depuis le langage de la psychologie des profondeurs. Et leur mise en dialogue, au travers du principe d’alchimie, ouvre une féconde perspective que nous développerons dans cette série.

La nigredo, l’albedo et la rubedo seront les fils conducteurs de cette exploration : dissolution, prise de conscience et incarnation.

Les manifestations d’une nuit noire :

– Perte profonde de sens

– Sentiment de vide intérieur

– Perte des anciens repères

– Crise identitaire

– Impression d’être entre deux mondes

– Solitude intérieure très forte

– Désintérêt pour ce qui procurait auparavant du plaisir ou de la satisfaction

– Confrontation avec ses propres zones d’ombre.

– Besoin de retrait et d’introspection

– Impression d’effondrement intérieur

– Sentiment d’impuissance et de perte de contrôle

– Rapport différent au temps, sensation de stagnation

– Questionnements existentiels

– Hypersensibilité émotionnelle ou à l’inverse impression de ne plus rien ressentir, figement, dissociation.

(Evidemment, ces manifestations et les images symboliques alchimiques ne permettent pas de qualifier toute souffrance de nuit noire, ni de lui attribuer forcément une issue transformatrice)

Jung s’est beaucoup intéressé à l’alchimie, dont l’une des étapes est la nigredo, l’œuvre au noir. La décomposition, la putréfaction, le chaos et l’obscurité, qui accompagnent la transformation de la matière. Ce moment où les anciennes structures se défont sans que leur devenir soit encore visible. La matière obscure constitue la matière même du travail.

Entrer dans la nuit, c’est rencontrer nos limites, celles qui nous permettaient jusqu’à présent de comprendre, de croire, de nous définir.

Dans ce premier chapitre, nous entrons dans la nuit.

Le prochain sera consacré à la nigredo : quand tout commence à se défaire.

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SOURCES : article de David M.Odorisio « Of Gods and Stones : Alchemy, Jung and the Dark night of St John of the Cross”, the Journal of Transpersonal Psychology, 2015, vol 47, n°1.

#nuitnoiredelame#psychologiejungienne#jeandelacroix#alchimie#darknightofthesoul

Vous pouvez retrouver l’intégralité de la série sur instagram et facebook.

Les images